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                 L’ETRANGE FIN DES UBOïDES

                                     AGENTS DE HIPP DE PRECAUTION

                                            CE PRINCE QUI NOUS GOUVERNE

 

Zone de Texte:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        UTOPIE  SINISTRO-COMIQUE

        JEAN YVES MOCHE

 

     PERSONNAGES

 

·        EDGAR..…………  ………………….…  Président du Club de Bagnoles

·        GEORGES………   …………….............   Popotier du Club sus mentionné 

·        GOUVERNEUR…  .........……………….   Sommité du  Lions Club

·        BASILE BOITOU…..........……………      Tueur à Gages

·        PINSONNETTE…   .......…………….….   Compagne acariâtre de Basile

·        ALICIA…………….........……………….   Anglaise établie en Normandie

·        DIOGENE…………......……………...  Uboïde, agent du Prince Hipp de Pré Caution

·        GROS MIGNON…… ......…………….....   clerc de tueur

·        LISIANE…………  ...............…………….   Secouriste

·        ULYSSE …………  .........…………………. Secouriste

·        DECERVELAGE……....……......  Psychologue africain pourfendeur des idées noires

·       GAEC TOUTEMPLAINE ……………. Exploitant agricole, intégriste de St Maïslait  

·        BORDURENZESKI…...........…….…………   Amiral en retraite  

·        HYACINTHE………..........…………………   Styliste

·        L’ABBÉ…………….............………………..   Aumonier militaire

·        EVE…..…………… ............………Compagne de bordée de l’amiral Bordurenzeski

·        SVEIK……………   ......…………………...  Travailleur immigré venu de Tchèquie

·        G.O…….…………………     Personnage muet qui ne s’exprime que par la plastique

·       KAHN…………………………...................…….             Général allemand

·        MME BORDURENZESKI….............……...   Epouse de l’amiral, curiste à Bagnoles

·        GIRAUDY………… .......…………………..   Uboïde spécialisé dans l’affichage 

·        CONSCIENCE…… ...………………  Uboïde en charge de l’incarcération du travail

·       DSV………………….......………..……….. Uboïde spécialisé dans l’aseptisation  

·        PANDORE…. ……………………..               Uboïde en charge de la voie publique

·       THEMIS……………..........…………….    Uboïde en charge de la justice du Prince

·        CONSTANT……… ............................……………    Autochtone survivant  

·        DES PHYNANCES.....Uboïde chargé de l’alimentation de la « pompe à phynances »  

·        GAUVAIN……..……..................………………. Chevalier Lion d’Andaines

·        GALAAD……………...........................………………. idem

Et, bistrot, violoncelliste…. et moult naufragés….resquiescant in pace !

 

 

SCENE 1

 

Musique de Gorecki ; il fait nuit ; arrivent de la coulisse 3 hommes qui accostent à la lueur de leurs torches(le gouverneur et deux membres du lions club ; bruits sinistres d’animaux qui se noient

 

Edgar :                     je crois qu’ici nous serons à l’abri de toute nouvelle montée des eaux !

 

Georges:                   je vais essayer de trouver du bois sec pour allumer un feu et faire sécher nos vêtements! (il s’éloigne avec sa torche)

 

 Edgar:                     (aidant le gouverneur à accoster) Par ici gouverneur ; donnes moi la main !

 

 Gouverneur:            on l’a échappé belle ! ... (ils commencent à se dévêtir et apparaissent en sous vêtements siglés lions club)(vociférations de Basile en coulisses :toi la pinsonnette t’es qu’une pioche, fous moi l’camp, c’est pas demain qu’tu viendras salir mon drapage )

 

 Basile:                     (arrivant sur scène avec une lampe très puissante) ça n’en fait un vacarme ! de qu’c’est qu’elles ont vu toutes ces bestioles là !(cherchant à localiser les bêtes avec sa lampe) bondiou le jour y n’en met du temps à v’nir anui. (découvrant Edgar  et le gouverneur en liquette)  ah ben j’avais côre pas vu de lions à deux patttes ! c’est vous qui braillez comme ça ? d’où qu’c’est qu’vous sortez ?

 

 Edgar:                     (se présentant) Edgar, président du Lions Club de Bagnoles et Auguste, gouverneur du District Normandie !

 

 Basile:                     Eh ben moi c’est Basile, tueur à gages ! n’ayez pas pou ! tueur parce que j’seu tueu d’cochons et à gages parce que j’habite ici en bas du bourg au lieu dit les gages !

 

Edgar:                      Hier soir nous venions d’Alençon pour rejoindre La Ferté  et au passage à Méhoudin nous avons été pris par la montée des eaux !

 

 

Basile:                      c’est-y qu’la Mayenne elle déborde ?

 

 Gouverneur:            vous n’êtes pas au courant?

                                               

 Basile:                     au courant de quoi ? vu qu’y a plus d’courant!

 

Edgar:                      et pour cause… il y a eu un véritable tsunami… un raz de marée…

 

 Gouverneur .            dans la voiture, nous avons entendu à la radio, juste avant que les émissions ne soient interrompues, qu’un astéroïde a percuté le pôle nord !

 

 Edgar :                    ce qui a fait fondre instantanément les glaces et provoqué par contre coup une violente montée des eaux

 

 Gouverneur  :          que des spécialistes estiment comme devant être de 143m!

 

 Edgar  :                   c’est pire que l’réchauffement ! ils faisaient tout un drame pour de malheureux cm !

 

 Gouverneur :            personne n’avait prévu un tel cataclysme !

 

 Edgar :                    c’est une même percussion d’astéroïde qui avait provoqué la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années!

 

Gouverneur  :           les bruits que vous entendez ce ne sont pas des dinosaures mais les animaux qui ont été pris dans les flots!

 

 Edgar :                    bien pire! Il faut s’attendre à ce que des millions de personnes aient été englouties sur l’ensemble du globe !

 

 Basile :                    et vous comment qu’vous avez échappé à la vague ?

 

 Gouverneur :           une chance monumentale ! nous avions un congrès international du Lions Club qui devait se tenir à Bagnoles et je devais présenter le canot à propulsion solaire que les Lions de Normandie ont offert à la Société de sauvetage en mer !

 

 Edgar :                    et comme le canot était sur une remorque derrière ma voiture…

 

Gouverneur :            dès que nous avons été rattrapés par les eaux en traversant le bourg de Méhoudin nous nous sommes réfugiés dedans !  

 

 Edgar :                    …toute une nuit pour réussir à gagner une rive qui s’éloignait sans cesse !

 

 Basile :                    si j’ai ben compris tout Méhoudin est neyé !

 

 Gouverneur :           Méhoudin, Couterne, tout ce qui se trouve à une altitude inférieure à 143m !

 

 Basile :                    vous êtes deux miraculés !

 

 Edgar :                    trois ! nous avons un ami qui était avec nous et qui est parti chercher du bois pour allumer un feu !

 

Gouverneur :            on va essayer de sécher nos vêtements !

 

 Georges :                 (de retour avec quelques brindilles dans les bras) voilà tout ce que j’ai pu trouver comme bois … et c’est loin d’être sec !

 

 Basile :                    Vous allez venir vous sécher chez moi.

 

 Gouverneur:            (présentant Basile à Georges) monsieur est tueur de cochons et habite ici !(échanges de saluts entre Basile et Georges)

 

Edgar:                      (s’adressant à Georges) est ce que ton portable est encore chargé ? moi je n’ai plus de batterie ; il faudrait qu’on essaie de joindre nos amis du club qui étaient réunis au tripot pour préparer le congrès !

 

 Basile :                    en supposant qu’ y soient pas neyés ! (georges appelle avec son portable)

 

Edgar :                     La Ferté étant à plus de 200m d’altitude, les eaux n’ont pas du inonder la forêt d’Andaines !

 

Georges :                  pas moyen ! y a pas de réseau !

 

 Basile :                    les satellites n’ont pourtant pas été neyés !

 

Gouverneur :          probablement que la déflagration au pôle aura généré des dérèglements magnétiques !

 

 Basile :                    (apercevant la Pinsonnette qui arrive)  tiens en v’là un autre dérèglement, lunatique c’tilla ! (s’adressant à la Pinsonnette) de qu’c’est qu’tu vieux côre ? j’t’ai dit d’rentrer chez toi !

 

 Pinsonnette :              j’ai oublié ma clef sur ton buffet !

 

 Basile :                    manquait plus qu’ça ! eh ben vas d’vant faire chauffer du café pour ces braves gens ; ils sont trempés geunés ! (à la pinsonnette déjà en coulisses) … et pis prépares une bonne goutte à mettre dedans !

 

 Edgar :                       personnellement je  ne bois pas d’alcool !

 

 Basile :                      dites surtout pas ça ! sinon j’pourrai pas en bere euntout ! (ils vont pour sortir ; vois en coulisses :help ! help !)  

 

 Alicia :                       (arrivant en rampant, toute mouillée, tenue collante et moulante à souhaits ; elle tend un bras pour qu’on la hisse) thank you very much !

 

Basile :                       y a pas d’quoi ! (les 3 lions s’empressent pour l’éponger)

 

 Alicia :                      je suis anglaise !

 

 Basile :                      à vous entendre on d’vine ben qu’vous n’êtes pas d’Bobigny ! vous venez quand même pas  à la nage ded’puis l’Angleterre?

 

Edgar :                       surtout que la Manche est sérieusement agrandie !

 

Gouverneur :              la manche est carrément déformée, oui !

 

Alicia :                       no! je ne viens pas d’Angleterre ; J’ai une petite maison à le chauchis !     

 

 Basile :                       c’est vous qu’avez acheté la maison du chauchis ! dans l’temps c’te maison là elle l’tait à mon cousin !

 

 Alicia :                      oh alors nous sommes un peu cousins !

 

 Basile :                      éloigné mais je ne demande qu’à me rapprocher !

 

Edgar :                       comment avez vous dégotté c’te bicoque là ?

 

 Alicia :                             my father qui le trouve quand il vient pour le… comment vous dites le   twinnage ?

 

Gouverneur :              le jumelage!

 

Alicia :                         yes le jumelage de son Lions Club avec Bagnoles !

 

Edgar :                        mais alors vous êtes de Tetburry !

 

Alicia :                         yes ! I’m !

 

Georges:                      ça alors ! nous sommes du club de bagnoles ! le monde est petit !

 

 Basile :                       déjà qu’il était petit avant mais astour le v’là complètement rapetissé !

 

 Gouverneur :              votre maison a été engloutie ?

 

 Alicia :                        no ! j’étais chez des amis anglais du côté de le Ferté ; en rentrant avec my cycle, juste après le bridge…

 

Edgar :                        le bridge… où jouez vous au bridge ?

 

Alicia :                         no… je dis le bridge  du river mayenne, j’ai été rattrapée par les eaux ; j’ai nagé et voilà ! (râles et gémissements en coulisses ; étonnement de tous les présents) oh il doit être le curieux homme qui s’accroche à moi quand je nageais ! (gouverneur, edgar et georges se précipitent en coulisses pour porter secours pendant que Basile prend le relais pour essuyer alicia)

 

 Basile :                       quand qu’on sera chez moi, j’dirai à la pinsonnette de vous prêter des effets de r’change !

 

 Alicia :                        oh ! thank’s ! lovely ! mais vous pensez que ce sera bonne taille ?

 

 Basile :                       question taille pas d’problème, vous coulerez dedans ; on en mettrait deux comme vous ! c’est plutôt question style que ça vous changera !

 

 Alicia :                        il n’est pas tendance comme vous dites ?

 

 Basile :                       la pinsonnette, si elle est tendance si vous v’lez mais c’est plutôt tendance… avant guerre… de 70 côre !  (retour du gouverneur, edgar et georges avec un uboïde inanimé)

 

 Basile:                        de qu’c’est que c’t’énergumène ?

 

 Gouverneur :              vu son uniforme, ça ne peut être qu’un agent du Prince !

 

 Basile :                       queu prince ?

 

 Edgar :                       celui qui gouverne toutes nos sociétés occidentales depuis déjà quelques décennies !

 

 Alicia :                        mais je croyais qu’en France vous avez un président de république et pas un prince !

 

 Gouverneur :              oui nous avons un président, des députés, des sénateurs…. Tout ça c’est pour le « jeu » démocratique avec lequel s’amuse le peuple… mais la réalité du pouvoir elle est aux mains du Prince !

 

 Alicia :                        what’s name, your prince ?

 

 Gouverneur :              son nom ? Hipp ! Hipp de Pré Caution !

 

 Georges  :                   ce Prince Hipp de Pré Caution,c’est lui qui a la mainmise sur toutes les administrations ; il les contrôle par le biais de ses agents comme celui-ci, les uboïdes !

 

 Edgar :                       une véritable caste ! ils appartiennent tous à la noblesse de parapluie !

 

 Gouverneur:               dans l’histoire il y a eu la noblesse d’épée, puis la noblesse de robe et désormais c’est le règne de la noblesse de parapluie !

 

 Basile :                       il n’est drôlement affublé !

 

 Georges :                    C’est la nouvelle tenue officielle avec les signes distinctifs : la gidouille et le parapluie!

 

Gouverneur :               le Prince est un adepte de la pataphysique du père Ubu et pour ses uboïdes il a choisi cet uniforme !

 

 Basile :                       eh ben j’ai pas de r’change pour lui ! 

 

 Edgar :                       avant de penser à sa tenue, il faut d’abord songer à le ranimer !

 

Basile :                        le ranimer ? vous croyez pas qu’y a ben d’autres gens à s’occuper sans perdre son temps à ranimer les uboïdes qui nous pourrissent la vie !

 

Georges :                     nous ne pouvons pas prendre le risque d’être accusés de non assistance à personne en danger !

 

Basile :                        de qui qu’vous voulez qui nous accuse ? personne n’en saura ren !

 

Edgar :                        et sa webcam ? si elle émet encore notre non assitance sera connue du kgb !

 

Alicia :                         mais le kgb c’était en urss !

 

Edgar :                        ici c’est le kolossal gidouille bureau où tous les faits, gestes, démarches et rencontres des uboïdes sont centralisés et enregistrés !

 

 Gouverneur :              le plus sage est de commencer par le réchauffer !

 

 Basile :                       dans c’cas, y qu’à l’amener à la maison ;(ils commencent à emmener l’uboïde) j’te vas y faire avaler un calva à 70° ! si ça y fait ren y aura plus qu’à y fermer son parapluie !

 

                                                                      (NOIR)

 

   SCENE 2

on entend le « toucheu » sollicitant les chevaux : » ahuo, allez                                   (coup de fouet qui claque)

 

 

 

 Edgar:                        mon cher Basile, c’est une aubaine que vous ayez pu rassembler ces chevaux !  

 Georges :                    aubaine aussi cette dynamo qui était chez le mécanicien

 

 Gouverneur :              et miracle qu’il y ait eu cet entraîneur de chevaux de courses équipé d’un tourneur !

 

 Basile :                       un tourneur ! tu parles d’une nouveauté… c’est tout bêtement un manège comme ceux qu’on avait dans l’temps pour battre le blé ! avant les gh’vaux en tournant y produisaient d’l’énergie… eh ben astour on bouffe de l’énergie pour les faire tourner !

 

 Alicia :                        (arrivant habillée en pinsonnette et brandissant son portable) oh fine your system ; grâce à vos horses je l’ai pu charger mon mobile !

 

 Gouverneur :              avez-vous pu joindre quelqu’un ?

 

 Alicia :                        je l’ai eu my father !

 

 Edgar :                       Tetburry a été épargnée par les eaux ?

 

 Alicia :                        no! noyée ! but my faher était dans son maison de campagne pour le fête de l’armistice…là bas ils ont encore electricity !

 

 Edgar :                       ils en savent plus sur la catastrophe ?

 

 Alicia :                        yes! Les grandes mégapoles sont englouties ! New York, Londres, Paris ! Pékin ! Berlin, Bombay…..

 

 Georges :                    Paris noyée, mais la France n’a plus de capitale !

 

 Alicia :                        il paraît que votre gouvernement a eu le temps de se réfugier à Vittel.

 

 Gouverneur :              décidément… Vittel après Vichy… le repli dans les villes d’eaux devient une habitude pour nos politiques!  

 

 Basile :                       moi à leur place j’irai plus vite à Cognac qu’à Vichy !

 

 Georges :                    et connaît-on la cause exacte de la catastrophe ?

 

 Alicia :                        c’est bien le météorite qui l’est tombé sur l’épaule !

 

 Basile :                       et c’est ça qu’a fait monter l’niveau d’flotte… ? ma c’est plutôt l’niveau d’cit qui fait que j’tombe sur l’épaule ! même que l’année dernière j’ai yeu la clavicule cassée !

 

 Edgar :                       Miss Alicia veut dire que la météorite a percuté la terre au Pôle Nord !

 

 Gouverneur :              mais s’il s’agit bien d’Apophis, on nous avait dit que la Nasa avait implanté un transpondeur radio à la surface de cet astéroïde pour déterminer la trajectoire et au besoin la modifier s’il y avait risque de percussion avec la terre ! … en  2029… ou en 2036 !

 

 Alicia :                        yes ! but les services secrets américains pensent que dans l’équipe de le Nasa il y avait une pinsonnette

 

 Basile :                       la Pinsonnette dans c’coup là ! c’est pas possible ! elle n’a jamais été plus loin qu’Domfront !  

 

 Alicia :                        je ne dis pas votre pinsonnette à vous mais le même chose qu’elle !

 

 Basile :                       comment ça la même chose qu’elle ?

 

 Alicia :                        vous m’avez dit hier que votre pinsonnette c’était… comment vous dites en français a mole ?

 

 Gouverneur :              une taupe !

 

 Basile :                       ah ça oui la pinsonnette pour une taupe c’est même une vieille taupe !

 

Gros Mignon :              t’as pas toujours dit ça !

 

Basile :                        pas toujours dit ça ? y a côre plus d’10 ans qu’j’y ai pas touché !

 

Gros Mignon :              (incrédule) 10 ans ?

 

Basile :                        toujours ben un an ! et pis m’emmalines pas avec ça…. Elle est ti pas trop vieille pour moi !

 

Gros Mignon :              pas beaucoup plus vieille !

 

Basile :                        pas beaucoup plus vieille ? elle est née en 14 de je n’sais pu quand d’avant Mathusalem et pis ma en 39 !

 

Edgar :                        14 39 sûr qu’avec des dates comme ça ce doit être plus souvent la guerre que la paix !

 

 Georges :                    en tout cas, nous y revoilà en guerre ! (s’adressant à Alicia) vous voulez dire qu’une taupe avait infiltré les services de la Nasa ?

 

 Alicia :                        yes ! … un membre d’Al Quaïda qui a orienté le météorite vers le terre !

 

 Gouverneur :              alors pas étonnant que les glaces aient fondu instantanément puisque les experts qui avaient étudié l’hypothèse d’une percussion estimaient la puissance de la déflagration à celle de 58 mille bombes d’Hiroshima !

 

 Edgar :                       si c’est bien un membre d’Al Quaïda, rien de surprenant non plus à ce que cet attentat ait eu lieu hier !

 

 Georges :                    comment cela ?

 

 Edgar :                       nous sommes bien le 12 novembre…

 

 Gouverneur :               2011 ! parfaitement !

 

 Edgar :                       alors réfléchissez bien ! hier nous étions le 11…

 

 Georges :                    et alors ?

 

 Edgar  :                      donc le 11 XI 11 !cette répétition du chiffre onze n’évoque rien pour vous ?(mine perplexe des protagonistes)… souvenez-vous… il y a dix ans… les twin towers

 

 Gouverneur :              ah oui les attentats de New York !

 

 Alicia :                        oui mais c’était le 11 september !

 

 Edgar  :                      pour le jour du dixième anniversaire le monde entier était en alerte dans la crainte d’attentats… et puis la date passée la vigilance s’est relâchée et Al Quaïda s’est rabattu sur une date oh combien symbolique : 11/XI/11 !

 

 Georges :                    déjà à Madrid ils avaient frappé un 11 mars !

 

 Gouverneur :              en tout cas ils ont fait fort ! encore un scénario de science fiction auquel personne n’aurait cru !

 

 Basile  :                      et la pinsonnette qu’est toujours là ! dire qu’hier elle devait aller manger chez une copine à Couterne !

 

 Georges :                    mais Couterne est engloutie aujourd’hui !

 Basile :                        c’est ben ça qui me dépite ! dire que c’est moi comme un con qui y a dit d’pas y aller pour m’aider à ramasser des pommes !

 

 Gouverneur :               avec votre portable vous pouvez accéder au web ?

 

 Alicia :                         yes ! we can !

 

 Gouverneur :               alors si nous pouvons nous connecter à google earth nous pourrons avoir une idée plus précise de la situation ...(il commence à surfer)

 

 Edgar :                        moi je vais voir si les chevaux ont aussi réussi à charger mon portable !

 

 Georges :                     dans ce cas essaies d’entrer en contact avec ceux qui étaient au tripot ! (exit Edgar)

 

 Gouverneur :               c’ est bon google earth fonctionne encore ! ah mais ils indiquent l’altitude en pieds !

 

 Alicia :                         en fait le niveau de sea c’est maintenant 458 pieds !

 

 Gouverneur :               eh bien nous sommes complètement entourés d’eau !

 

 Alicia :                         comme sur un île !

 

 Georges :                     vous avez l’habitude vous les anglais !

 

 Basile :                        v’là l’reste ! Madré, une île dans la mer de Beauce !

 

 Georges :                     comment ça ... de Beauce ?

 

 Basile :                        déjà qu’avec tous leurs engins agricoles ils avaient mis tous les arbres par terre…on avait l’impression d’être en pleine Beauce… eh ben astour nous v’là dans la mer de Beauce !

 

 Georges :                     avec la cathédrale de Chartres transformée en phare!

 

 Basile :                        en tout cas y en a qui vont être emmerdés, c’est les chasseurs de primes !

 

 Gouverneur :               si vous voulez parler des coureurs cyclistes… je crains qu’il n’y ait plus de courses cyclistes avant longtemps !

 

 Georges :                     ou alors au tour de France il n’y aura plus beaucoup d’étapes de plaine !

 

Basile  :                       non, les chasseurs de primes c’est les intégristes de St Maïslait…

 

 Alicia :                        St Maïslait ? what is it ?

 

 Basile :                       par chez nous c’est le st patron des fanas de l’agriculture intensive… jusqu’à hier il était en tête du hit parade des suppliques!

 

 Georges  :                   je n’en ai jamais vu de statue !

 

 Basile :                       c’est pourtant pas ça qui manque… y eun a fin pien les églises…à l’allure où qu’ç’était parti il allait détroner tous les autres saints des églises de la région : St Fraimbault, St Aubert, St Bomer, St Ernier, St Ortaire ils avaient du mourron à se faire !

 

Gouverneur :               comment le représente – t – on ?

 

 Basile :                       c’est un saint avec un corps d’homme et pis une tête de tauriau ; il est crucheté sur un tas de pneus ; dans une main il a une tige de maïs et pis dans l’autre il tient en laisse une vache… une prim’holstein !

 

 Georges :                    les fameuses pisseuses de lait !

 

Basile :                       exactement, les vaches à primes ! eh ben les intégristes…. ils l’invoquent St Maïslait pour qu’y leur fasse avoir le maximum de primes de Bruxelles … même que c’t’année y z’étaient pas contents d’la pac qui y eux en donnait pas assez… y voulaient aller manifester à Bruxelles… comme j’les connais y z’auraient été capables d’installer une statue de St Maïslait à la place du Manekenpiss !

 

 Gouverneur :              en tout cas ils ne recevront plus rien de Bruxelles car la capitale de l’Europe est engloutie !

 

  Basile :                      et Amsterdam ?

 

 Alicia :                        oh vous je vous vois venir ! vous êtes allé faire là bas le lèche vitrines comme vous dites !

 

 Basile :                       j’ai ren léché en tout !

 

 Gouverneur :               tout Amsterdam est immergée …. Les vitrines avec !

 Georges  :                 et dire que l’an prochain on prévoyait de faire le voyage du président là-bas !

 

 Alicia :                      le voyage il est aussi dans  l’eau !

 

Basile :                       ça dépend… les p’tites dames elles vont p’t’être s’transformer en sirènes qu’on ira voir dans leurs aquariums ; faut y croire à la mutation des espèces !

 

 Pinsonnette :             (faisant irruption) ah te v’là enfin… y a une heure que j’te cherche !

 

 Alicia :                      (allant à la Pinsonnette) oh ! je voulais remercier vous pour vos clothes !

 

 Pinsonnette :             closets ? queu closets ?

 

 Alicia :                      (montrant ce qu’elle porte) je veux dire ça ! c’est bien le vôtre lingerie ! mr basile me le passe hier soir pour mettre le mien à sécher et me dit que ça c’est les affaires de le taupe !

 

 Pinsonnette :             comment ça la taupe ?

 

Basile :                      elle parle pas d’taupe … elle est anglaise…tu comprends ren à l’anglais ! elle veut dire qu’avec tes affaires elle est au top !

 

 Pinsonnette :             (montrant la coulisse) eh ben c’est toi qui va y être au top avec l’énergumène qui me suit…

 

 Diogène :                  (arrivant de la coulisse) c’est vous qui m’avez fait avaler 3 verres de calvados ?

 

 Basile :                      (enjoué) ouais pour vous ranimer et pis vous réchauffer !

 

 Georges :                  vous étiez mal en point… vous revenez de loin !

 

 Diogène :                  (sortant sa carte officielle) service des douanes ! vous allez me présenter votre récépissé de  déclaration et vos quittances de paiement des droits !

 

 Basile :                      manquait plus qu’ça !

 

 Diogène :                  faute de quoi je vous dresse procès verbal !

 

 Basile :                      oh ben dresse mon pote si ça t’fait plaisir ! de toute façon y a pu personne pour encaisser aux impôts… Mayenne est neyée !

 

 Gouverneur :             (consultant google earth) pas complètement… la partie haute de la ville est hors d’eau !

 

 Diogène :                  et par précaution nous avions installé l’hôtel des impôts au plus haut de Mayenne, … rue des alouettes !

 

 Georges  :                  alouette, gentille alouette… alouette je te plumerai… je te plumerai de taxes (bis par les autres ; esquisse de chorégraphie dans l’esprit de WSide Story), tva (bis idem), revenu (bis), le foncier (bis)

 

 Gouverneur :             apparemment seul le rez de chaussée est innondé !  

 

 Pinsonnette :             et ton dossier est sûrement au  premier étage !

 

 Basile :                      (sortant précipitamment) eh ben puisque c’est comme ça vous allez voir…

 

 Diogène :                  attendez… où allez vous ?

 

 Basile :                      pisser sur c’qui reste de la banquise… pour noyer les impôts jusqu’au grenier !

 

NOIR

 

   SCENE 3

 

 

(hôpital de campagne improvisé, drapeau croix rouge ; 4 brancardiers en de  tenue pêche à la crevette arrivent avec des blessés… du sang  partout ; Lisiane est en train de laver des torchons ensanglantés ;Georges installe les logos sur la toile de l’hôpital de campagne ;  sur le côté, cellule de soutien psychologique avec Décervelage en aviateur)

 

Ulysse :                        (s’adressant à Alicia) où est ce qu’on les met ceux là ?

 

Lisiane  :                      (désignant la coulisse opposée) mettez les ici pour l’instant ; la tente de soins est pleine à craquer… ça fait 48 h que le gouverneur opère non stop (râle d’un des blessés)

 

Georges :                      et à cette allure là on va être en rupture de médicaments…(les brancardiers vont pour sortir)

 

Lisiane :                       ah ! si vous en trouvez qui sont conscients, vous pouvez les amenez au docteur Décervelage qui a ouvert une celllule de soutien psychologique.

 

Ulysse :             comment l’appelez vous?

 

Georges :                      Décervelage !

 

Lisiane  :                      en fait il a été recueilli dans la brousse par un membre du collège de pataphysique qui n’avait sur lui que le calendrier du père Ubu…

 

Georges :                      vu que c’était le 1er janvier, jour du décervelage dans cet agenda… 

 

Lisiane :                       il lui a donné ce nom !

 

Décervelage :                (s’avançant vers Ulysse) avec un tel nom, j’étais prédestiné à devenir psychologue !

 

Ulysse :                        comment êtes vous arrivé ici ?  

 

Décervelage :                le jour du déluge je venais en avion à Bagnoles pour une cure et les conditions météo ne m’ont pas permis de me poser sur l’aérodrome ; j’ai du trouver un terrain de fortune tout près d’ici ! (hurlements de Gaec Toutemplaine)

 

Gaec :                          (visage angoissé) les vagues… les vagues !...

 

Décervelage :                (retournant promptement vers Gaec) n’ayez pas peur… je suis là ! tout va bien maintenant !

 

Georges :                      (s’adressant à Ulysse)  il a été traumatisé… au moment du ras de marée, avec ses 5 associés, ils étaient sur leurs tracteurs en train d’ensemencer et il a vu arriver le mur d’eau… tous les autres ont été emportés ; c’est un miracle qu’il en soit réchappé ! (sortie de Ulysse, Georges et des brancardiers)

 

Gaec :                          (hurlant toujours) mes tracteurs… mes tracteurs !  

 

Décervelage :                ce n’est rien ; il ne faut plus penser à ça !

 

Gaec :                          mes tracteurs noyés! (Basile et Edgar sortent de la tente de soins… Edgar est clean cependant que Basile est rouge de sang)

 

Basile :                         il est côre pas remis de ses émotions l’Gaec !

 

Décervelage :                le traumatisme est sérieux !

 

Basile :                         oh ben l’déréglement  il date de ben avant la catastrophe ! avec ses collègues, des arboriphobes, ils pouvaient pas supporter un arbre, et côre moins une haie… y eux fallait qu’des grandes plaines pour cultiver leurs primes !

 

Décervelage :                qu’est ce qu’ils cultivent ?

 

Basile  :                        des primes, comme partout… dans l’temps à l’école pour le certificat on apprenait qu’dans l’nord les ch’tis y cultivaient les endives…

 

Edgar  :                        … en Normandie la pomme, les artichauts et le chou fleur en Bretagne…

 

Basile :                         … eh ben an’hui c’est facile d’avoir le certificat… y a pas à s’tromper… partout y cultivent … la prime ! tiens, y aurait eu des primes à la taupe, les champs y z’auraient été r’couverts de taupinières !

 

Gaec :                          mes primes ! mes primes noyées !  

                                   (Décervelage le réconforte)      

 

Basile :                         (s’adressant à Décervelage) vous allez n’avoir du boulot, vous ! vu qu’Bruxelles est engloutie… plus d’Bruxelles … plus d’primes ! y vont tous déprimer les intégristes de St Maïslait !

 

Décervelage :                dire qu’on m’avait confié une mission de réadaptation des urbains à la nature, je ne pensais pas que j’aurai aussi à déconditionner des paysans !

 

Basile :                         mais c’est plus des paysans ces gars là ! c’est des exploitants… ils font croire qu’ils protégent la nature mais ils la pressent comme une orange ! n’empêche que si que l’Gaec et les autres y n’avaient pas foutu en l’air les haies d’leurs champs d’la Bermondière…. la flotte elle aurait pu être freinée…

 

Edgar  :                        … et vous pensez que de ce fait ils auraient eu le temps de se réfugier sur des points hauts ?

 

Basile :                         exactement !

 

Gaec :                         j’veux mon tracteur!

 

Basile :                        de toute façon ton tracteur même s’il l’tait pas englouti tu pourrais plus t’en servir… y a plus d’pétrole !

 

Gaec :                         mon tracteur ! (crise d’hystérie)

 

Décervelage :               il est en état de manque… je vais être obligé de lui administrer un calmant (il lui fait avaler un comprimé)

 

Basile :                        c’était avant qu’il rase les haies qu’il aurait fallu le calmer ! (Gaec s’endort)  

 

Ulysse :                       nous on repart à la pêche !

 

Edgar  :                       vous n’amenez ici que les cas critiques… les autres vous les localisez et on a une équipe de La Ferté qui doit arriver en radeau… ils iront les soigner sur place ! (exint Ulysse et les autres brancardiers) Ulysse

 

Basile :                        ils ont réussi à trouver un canot vos copains ?

 

Edgar  :                       ils en ont fait un avec les bouchons en plastique qui étaient collectés dans le cadre de l’opération « rêve de bouchons »!

 

Basile :                        ma eutou j’rêve de bouchons mais c’est pas pour les collectionner, c’est pour avoir des bouteilles à vider !

 

Alicia :                         oh are you thirsty ?

 

Basile :                        quoi ?

 

Edgar  :                       vous avez soif ?

 

Basile :                        (à Alicia) un peu que j’seu soiffy !

 

Lisiane :                      (lisant le badge de Basile) Basile Boitou, tueur à gages, efficacité et discrétion garanties

 

Alicia :                         (lisant par-dessus l’épaule de Lisiane) www.basile....oh vous avez une webside ?

 

Basile :                        une quoi ?

 

Edgar  :                       elle s’étonne que vous ayez un site internet 

 

Basile :                        et comment ! ça c’est depuis les dernières élections.

 

Alicia :                         vous faites aussi du politique !

 

Basile :                        un peu que j’fais aussi du politique ! v’là plus d’trente ans que je m’présente à chaque élection…

 

Edgar  :                       et vous êtes réélu à chaque fois ?

 

Basile :                        non, j’ai jamais été élu !

 

Lisiane :                      dans ce cas pourquoi continuez vous à vous présenter ?

                                 

Basile :                        pour voir comben qu’j’ai perdu de copains d’un coup sur l’autre !

 

Edgar  :                       et alors ?

 

Basile :                        y eun a ben d’morts ! tiens c’est dommage qu’on seu pas en Corse !

 

Lisiane :                      comment ça ?

 

Basile :                        j’ai tellement d’copains au cimetière que j’serais sûr d’être élu ren qu’avec les votes des morts !

 

Lisiane :                      qui vous a donné l’idée de faire un site ?

 

Basile :                        y a ben 15 ans astour qu’à chaque élection, à la télé ils disaient qu’les politiciens y faisaient leur cit’ ! j’ai dit bon diou c’est pas à un normand qu’on va apprendre à faire du cit !j’ai même le meilleur cit ‘ de la région ! vous pouvez vérifier : www.basile.pom!

                                  (le gouverneur sort de la tente de soins en tenue de chirurgien, avec le tablier de tueur de Basile)

 

Alicia :                         (au gouverneur) you are marvellous ! vous faites un travail remarquable !

 

Décervelage :               … dans des conditions de fortune qui plus est !  

 

Gouverneur :               j’ai l’habitude… j’ai participé à plusieurs opérations humanitaires en Afrique et les conditions matérielles étaient bien souvent plus rudimentaires encore !

 

Décervelage :               dans quels pays d’Afrique ?

 

Gouverneur :               au Congo !

 

Décervelage :               … j’ai été élevé à Kinshasa !

 

Edgar  :                       le monde est petit !  

 

Basile :                        il n’a jamais été aussi petit, vu comme il a rapetissé avec la catastrophe ! il paraît que l’Italie elle a sa botte qu’a réduit de 2 pointures !

 

                                  (arrivent les naufragés de la Marie Joseph : L’abbé, Hyacinthe ,un G O , Joseph Sveik, Eve, Bordurenzeski. Sveik et le G O portent un uboïde gisant sur une civière)(ils chantent : encore heureux qu’il ait fait beau et qu’la Marie Joseph…)

 

Edgar  :                       ça alors, c’est la chanson qu’on avait interprété pour clore le congrès lions au casino de Bagnoles en 84 !

 

Gouverneur :               d’où arrivez vous comme ça ?

 

Bordure :                     … de Nantes !

 

Hyacinthe :                  de Nantes à Montaigu la digue la digue…

 

L’abbé :                      je vous en prie… un peu de dignité mon fils !

 

Hyacinthe  :                 (s’effondrant dans les bras de l’abbé) oui papa !

 

Décervelage :               il n’a pas l’air bien !

 

Eve :                           il n’a pas supporté la perte de son compagnon dans la dérive de nôtre bateau promenade.

 

Bordure :                     la Marie Joseph justement !.

 

Hyacinthe :                  (chante en pleurant) encore heureux…

 

Décervelage :               (le conduisant à l’écart) venez par ici mon ami…

 

Hyacinthe  :                 (s’énervant) mais je n’ai plus d’ami, je n’ai plus personne !

 

Décervelage :               mais si nous sommes là ! (il l’emmène sous la tente accompagné de Lisiane et Alicia)

 

Eve :                           son ami et lui étaient en voyage de Pacs…,

 

Bordure :                     voyage de pacs, nous sommes en pleine décadence !

 

Eve :                           nous étions au confluent de l’Erdre et de la Loire lorsque le raz de marée est arrivé sur nous…

 

L’abbé :                      alors de l’Eternel nous vîmes la fureur

                                  car les flots déchainés, ô comble de l’horreur,

                                  nous firent épouser le cours du mascaret

                                  qui, dépassant Ancenis, nous porta sur Angers.

                                  Là, une force mystérieuse, était ce la main de Dieu ?,

                                  Nous fit quitter la Loire ; inspiré par les cieux

                                  Notre chef d’équipage s’engouffra dans la Maine

                                  Délaissant Sarthe et Loir, préférant la Mayenne.

                                  Bientôt le Lion d’Angers, devenu Atlantide

                                  Se signalait à nous par une odeur fétide :

                                  Au sommet de la vague le fumier du haras

                                  Nous masquait une cité à l’état de gravats ;

                                  Avec cette hauteur d’eau notre Marie Joseph

                                  Nous semblait devenue étrange aéronef !

                                  Pour le temps qui passe, on inverse l’expression

                                  Et l’on dit désormais : l’eau passe sur les ponts !

                                  Comme prises dans les mailles d’un sonore chalut

                                  Nous suivirent fort longtemps les cloches du Port Salut.

                                  Gagnant toujours l’amont nous parvînmes à Laval !

                                  Nous nous crûmes arrivés à un terme fatal :

                                  Poussé par un courant sur les bords de la rive

                                  Percutant une tour, de l’onde non captive,

                                  Notre navire bascule, éjectant dans les flots

                                  Capitaine, quartier maître et autres matelots ;

                                  Flottant tant bien que mal, tel un vaisseau fantôme,

                                  Le brave mais frêle esquif, avec la ruse d’un gnome,

                                  Evite obstacles, barrages, tourbillons et rochers

                                  Enfin sur ces hauteurs il nous fait accoster !

                                 

Bordure :                     affirmatif ! permettez moi de me présenter : amiral Bordurenzeski en retraite de la Marine  Nationale !

 

L’abbé ::                      en retraite, mais c’est quand même vous amiral qui, après la disparition du capitaine, avez permis à la Marie Joseph de nous acheminer jusqu’ici !

 

Basile :                        et c’est qui l’énergumène que vous portez sur le brancard ?

 

Bordure :                     c’est un agent du Prince… de la direction du travail…

 

L’abbé :                      au moment de la collision du bateau avec la tour, à Laval, il s’est fracassé le crâne contre le gouvernail !  

 

Eve :                           en fait il était sur notre embarcation pour contrôler la régularité des contrats de travail du personnel de la Marie Joseph !  

 

L’abbé :                      et notamment si notre ami joseph Sveik , de nationalité tchèque, avait bien les diplômes requis .

 

Edgar :                        et que faisiez vous mon ami sur la Marie Joseph ?

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement que j’étais balayeur

 

Georges :                     des diplômes pour balayer maintenant !

 

Basile :                        eh ben moi à votre place, j’l’aurais laissé sur l’bateau ; vous n’avez pas d’diplômes pour porter l’brancard !  si qu’il s’en sort, ça va faire comme son collègue des douanes y m’ a fait… il va vous mettre un pv…

 

Georges :                     … pour non observance des règles de sécurité en matière de secourisme !

 

Sveik :                         dans c’cas, je vous déclare respectueusement que je lâche tout ! (il laisse tomber le brancard)  (Eve, le G.O. et Décervelage conduisent l’uboïde dans la tente)

 

Edgar  :                       au fait, votre uboïde des douanes on ne l’a pas revu.

 

Basile :                        Diogène ?

 

Edgar  :                       il s’appelle Diogène ?

 

Basile :                        ouais ! il voulait contrôler tout mon stock de goutte… vu qu’j’avais un grand tonniau d’défoncé pour pouvoir l’nettoyer…

 

Gouverneur :               comment ça un tonneau défoncé ?

 

Basile :                        pour les nettoyer nos tonniaux on enlève toutes les douelles à un bout et  pis on rentre dedans pour frotter à l’eau chaude!

 

Edgar  :                       et alors … Diogène ?

 

Basile :                        j’y ai dit qu’y avait côre d’la goutte dans l’fond de c’tonniau là mais qui fallait rentrer dedans pour mesurer comben !

 

Georges :                     et pendant qu’il était dedans… vous avez…

 

Basile :                        remis les douelles ! parfaitement ! vous êtes pas con vous, vous comprenez vite !

 

Edgar  :                       pour l’heure il est toujours dans le tonneau ? mais il va mourir asphixié !

 

Basile :                        non , j’ai enlevé la bonde  et la c’nelle… comme ça l’air y passe !

 

Gouverneur :               et vous comptez le laisser longtemps là dedans ?

 

Basile :                         jusqu’à tant qu’y s’décide à m’enlèver le pv ! (Edgar fait un aller et retour dans la tente)

 

Lisiane :                       (ressortant de la tente de soins) nous allons manquer de sang ; y a-t-il quelqu’un qui serait o+ ?  (dénégation de tous… elle regarde Sveik)

 

Sveik :                          je vous déclare respectueusement qu’on m’ a dit que mon sang était assez bien !

 

Lisiane :                       comment ça … assez bien ? 

 

Sveik :                          (lui montrant ses papiers) sauf votre respect voyez vous-même !

 

Lisiane :                       effectivement A B !

 

Sveik :                          voyez je vous disais assez bien ! ça fait votre affaire ?

 

Lisiane :                       hélas non ! (s’adressant à Basile) et vous ?  

 

Basile :                         j’en seu ren entout… aurait fallu demander ça à la mère pique cul !

 

Gouverneur :                pique cul?

 

Basile :                         la sienne qui venait faire les piqûres à domicile… mais elle est neyée astour !

 

Edgar  :                        quand nos amis de la Ferté nous auront rejoints on verra s’il y a un o+ parmi eux.

 

Basile :                         faut côre qui sachent c’qu’y sont !  

 

Edgar  :                        eux le savent… ils allaient régulièrement donner des plaquettes au centre de cytaphérèse du CHU de Caen !

 

Bordure :                      nous sommes donc sur des collines voisines de Caen ?

 

Georges :                      Caen est à 80 km ; le clocher que vous voyez sur l’autre rive au nord c’est celui de la chapelle de Lignou au dessus de Couterne

 

Basile :                         avec le cimetière autour ! à Couterne y a que les morts qui sont pas neyés !

 

Georges :                      en fait nous sommes tout près de Bagnoles si vous connaissez !

 

Bordure :                      (a parte) Bagnoles ! mais c’est là que j’ai laissé ma femme en cure en ralliant Nantes la semaine dernière ! (haut)  et Bagnoles n’est pas engloutie ?  

 

Edgar  :                        non…aussi surprenant que cela puisse paraître pour une ville d’eaux !  

                                  

                                   (irruption de gros mignon courant et hurlant)

 

Gros mignon :               Basile, attention ! l’tonniau a perdu ses cales… il dévale du bourg ! (on entend Diogène hurler « au secours »)    

 

Edgar  :                        C’est Diogène ?  à tombeau ouvert !

 

Georges :                      mais à tonneau fermé !  (tous regardent vers la coulisse le tonneau dévaler ; bruit de lourde chute dans l’eau)

 

Gros Mignon :               de c’te coup il est chu dans la mer !

 

Edgar  :                        il flotte mais il dérive…

 

Basile :                         ça rigole pas… faut qu’j’aille remettre la bonde et boucher la c’nelle sinon il va couler ! il est où votre canot ?

 

Edgar  :                        le docteur Décervelage l’a emprunté pour aller récupérer des affaires dans son avion.

 

Gros Mignon :               t’as plus qu’à t’jeter à l’iau !

 

Alicia :                          et le rattraper à le nage…

 

Basile :                         à le nage… à le nage… c’est que j’sais pas nager !

 

Alicia :                          if you want, je vais aussi… vous accrocher à moi !

 

Basile :                         moi accrocher à vous ? j’demande pas mieux… mais les flotteurs y sont ben p’tits quand même ! (les lions leur passent une échelle de corde pour s’arrimer et Gros Mignon passe un pneu autour de la taille de Basile)

 

Gros Mignon :               si la Pinsonnette te cherche… j’y dis qu’t’as filé à l’anglaise?

 

Basile :                         (sortant avec Alicia) et pis que je nage en pleine entente cordiale !

 

  

 

                                              

                                                                              NOIR

 

 

 

 

                                                                       SCENE 4

 

 

                                   Décervelage est avec Gaec (en fauteuil roulant avec logo du lions club ; il lui fait tester son simulateur John Deer)

 

 

Décervelage :                allez …  à vous de jouer maintenant !

 

Gaec :                          (hilare et chantant) j’ai acheté un tracteur

       Avec l’argent d’mon beurre !

 

(arrivée de Basile et des débroussailleurs armés de vouges, faucilles et tronçonneuse)

 

Basile :                         on dirait qu’il a r’trouvé l’moral l’Gaec ! de qu’c’est qu’vous y avez fait ?

 

Décervelage :                je me suis souvenu que j’avais dans mon cockpit un cdrom publicitaire de John Deere…

 

Georges :                      en psychanalyse vous utilisez maintenant des tracteurs pour labourer les cerveaux ?

 

Décervelage :                non! En fait je me suis occupé d’une opération de développement agricole au Bénin il y a quelques années… et la firme John Deere  nous avait mis à disposition ce cdrom qui est un simulateur d’utilisation des tracteurs. 

 

Georges  :                     bon ! si on veut avoir ouvert le chemin d’accès au nouveau port avant ce soir, il faut se mettre au débroussaillage dès maintenant.

 

Basile :                         le mieux c’est d’commencer par la rive et de revenir par là… on travaille mieux en montant… venez avec moi… et pis vous docteur vous n’avez qu’à aller chez moi aux gages  pour récupérer l’pique-nique ; tout est prêt ; y a juste à passer voir la p’tite boulangère pour qu’elle vous mette des miches toutes fraîches !  

                                   (il sort avec les débroussailleurs d’un côté cependant que Décervelage emmène Gaec de l’autre) (arrivent Mme Bordure et le Gal Kahn avec une couverture)

 

Kahn :                          (avec un monocle style von stroheim) ach ! cet endroit m’a l’air très sympathique… hier, che crois nous serons tranquilles.

 

Mme Bordure:              je suis épuisée… et en eaux! Décidément non seulement les glaces ont fondu mais alors quelle élévation de température ! (ils étalent leur couverture vert armée)

 

Kahn :                          ya pour un mois de nofembre il fait zer chaud… nous defons profiter! il pourrait ne pas durer : lors de la dernière collision d’un météorite mit la terre il y eut un kolossal dégagement de poussières qui firent écran  aux rayons du soleil ; résultat : un long hiver et les dinosaures kaput! 

 

Mme Bordure :             comme vous expliquez bien, mein liebe !

 

                                  

Kahn :                          (regardant sa montre) nous seulement deux heures pour venir de Bagnoles mit notre pétalo… nous pouvons rester hier chusque 15h.  

 

Mme Bordure :             … avant de retourner dans la cohue ! je n’ai jamais vu autant de monde dans la station !

 

Kahn :                          avec le congrès du Lions Club on préfoyait un monde fou mais c’était sans compter tous les sinistrés réfugiés sur les hauteurs d’Andaines !

 

                                  (bruits en coulisses… l’ uboïde Giraudy,  de sa voix monocorde : « vous devez afficher » ; mme Bordure et Kahn se cachent sous la couverture… Sveik et l’Uboïde arrivent sur scène)

 

Sveik :                         mais je vous déclare respectueusement que le mur d’affichage est déjà plein !

 

Giraudy :                     c’est pas mon problème… vous devez afficher !

 

Sveik :                         j’vais être obligé de construire un mur pour afficher l’obligation d’afficher !

 

Giraudy :                     vous devez afficher ! (il lui montre le panneau avec la mention du numèro des pompiers)  

 

Alicia :                         (arrivant avec des body bags miniatures) oh ! afficher le n° des pompiers de Couterne …. Mais ils sont noyés !

 

Giraudy :                     c’est pas mon problème… vous devez afficher !  

 

Alicia :                         (s’adressant à Sveik) nous avons les mêmes en Angleterre !

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement qu’à Prague aussi !

 

Giraudy :                     pour faire votre travail vous devez porter un masque à cause de la nocivité de la colle ! obligation d’afficher : port du masque obligatoire ! je continue mon inspection. Tout doit être affiché quand je reviens ! (exit) (Sveik va pour prendre un carreau de polystyrène et marche sur la couverture ; il écrase la main de Mme Bordure)  

 

Mme Bordure :            (sortant de la couverture) aïe ! vous m’écrasez la main !

 

Kahn :                         fous ne poufez pas faire attention !

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement que je ne vous avais pas vue !  

 

Alicia :                         mais c’est le général Kahn ! que faites vous ici ?

 

Kahn :                         je suis fenu à Bagnoles pour le congrès du Lions Club… je suis arrifé le veille de katastrophe … (il fait les présentations) Frau Bordurenzeski  qui est en cure à Bagnoles…. Alicia.

 

Alicia :                         j’étais la correspondante anglaise de Greta la fille du Général…. Comment êtes vous venus de Bagnoles jusqu’ici ?  

 

Kahn :                         nous afons pris ein pétalo pour chercher le chien que Madame a perdu le 11 Novembre et qui aurait été aperçu sur cette rife !

 

Alicia :                         (malicieuse) et vous le cherchez sous la couverture ?  

 

Kahn :                         das ist ein klein hund ! (joignant le geste à la parole)

 

Mme Bordure :            oui un très petit chien…il prend un malin plaisir à se cacher …. Il profite de sa petite taille !  

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement que mon frère à Prague avait aussi un très petit chien ! un rocking chair ! il le cherchait tout le temps !

 

Alicia :                         vous dites il avait ; il ne l’a plus ? il a fini par le perdre définitivement ?  

 

Sveik :                         non, il a été écrasé !

 

Kahn :                         ach, les maudites foitures !

 

Sveik :                         c’est mon frère qui s’est assis dessus !  

 

Alicia :                         I hope, Madame, le vôtre n’ a pas connu le même chose!

 

Kahn :                         aber fous, Alicia, que faites fous mit tous ces sacs ?  

 

Alicia :                         ils sont les cendres des victimes du déliouge… tout à l’heure, il y a un cérémonie avec mise des cendres dans le terre… et à l’emplacement de chaque bag on va planter un arbre pour remember !  

 

Mme Bordure :            nous n’allons pas vous attarder plus longtemps ; vous devez avoir beaucoup à faire !

 

Kahn :                         nous allons chercher chien plus loin

 

Alicia :                         je vous accompagne… j’ai encore un peu de temps avant le cérémonie ! (exint)

                                  (Sveik seul en scène s’affaire à son mur)(arrivent Bordure et Eve avec les arbres à planter)

 

Bordure :                     tiens Alicia n’est pas là ! (il avise les sacs)  pourtant c’est bien ici qu’est prévue la cérémonie, voilà les sacs ! (il s’adresse à Sveik)  vous n’avez pas vu Alicia ?

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement qu’elle est partie à la recherche du chien de Madame Bordurenzeski ?

 

Eve :                           Mme Bordurenzeski ? (à l’amiral) comme c’est étrange, aurais tu de la famille par ici mamour ?

 

Bordure :                     bien sûr que non ! c’est pure coïncidence d’homonymie ! (a parte)  il ne manquait plus que ça !

 

Eve :                           (inquisitrice) c’est ça, pure coïncidence d’homonymie ! il est vrai que Bordurenzeski est un nom très répandu dans cette campagne normande !

 

Bordure :                     très commun… comme Dupont…Durand… Martin… Bordurenzeski…

 

Eve :                           en tout cas voilà une Mme Bordurenzeski dont le mari n’est pas veuf comme toi, mamour !  

 

Bordure :                     et puis moi ma femme elle était allergique aux poils de chien !  

                                  (arrivent l’abbé et Georges)

 

L’abbé :                      c’est bien ici la cérémonie ?

 

Bordure :                     parfaitement !

 

Bordure :                     excusez nous mais nous avons encore des arbres à récupérer… nous n’avons pas de temps à perdre.

 

Eve :                           si on prenait ce pédalo, on pourrait couper au court par l’anse de Chevrigné…

 

Bordure :                     très bonne idée ; nous allons relancer le transport maritime ! (exint)

                                  (retour des débroussailleurs avec leurs outils ; ils sont accompagnés de l’uboïde Conscience)

 

Conscience :                je dresse procès verbal… votre tronçonneuse n’est pas aux normes !

 

Basile :                        puisque j’te dis qu’c’est moi qui m’en sert et personne d’autre !

 

Conscience :                j’veux pas l’savoir !... et puis un autre procès verbal pour non port du casque !

 

Basile :                        c’est sûr qu’y va falloir qu’on ait tout l’temps un casque sur la tête pour la protéger de toutes vos conneries !

 

Conscience :                (à Sveik) vous devez afficher « port du casque obligatoire » !

                                  (Sveik remonte un bout de mur)

 

Hyacinthe  :                 (arrivant de la coulisse) aïe aïe… ça y est, elle est percée ! ouïe ouïe…(il se tient le pied)

 

Conscience :                procès verbal pour absence de chaussures de sécurité ! résultat : un pied perforé par un outil tranchant !  

 

Hyacinthe  :                 mais j’ai pas le pied perforé grande folle ! c’est une ampoule qu’est percée (il enlève sa chaussure pour se faire soigner par un des débroussailleurs)  

 

Conscience :                (à Sveik) affichez : chaussures de sécurité obligatoires !  

                                  (retour de Décervelage, chargé de vivres mais de peu de pain)

 

L’abbé :                      vous tombez bien… le débroussaillage a ouvert l’appétit de plus d’un.. il faut dire que quand on n’a pas l’habitude…

                                 

Décervelage :               je suis suivi d’un uboïde des services vétérinaires…

 

(arrivée de Dsv)

 

Dsv :                           vous devez afficher l’origine de la viande au nom de la traçabilité !

 

Edgar  :                       nous pouvons vous certifier que c’est de la viande porcine française 

 

Basile :                        ça c’est côre une belle fumisterie… si vous croyez qu’c’est parce qu’elle est française qu’elle est bonne ! c’est pas la nationalité qui fait la qualité !

 

Georges :                      certes non!!

 

Basile :                        quanqu’elle est dans la poêle la viande, ma je n’ai ren à cirer si qu’elle chante la Marseillaise ou ben le God sauve la couenne ! c’qui compte c’est ce que la bête a mangé !  

 

Edgar  :                       et là pour avoir vu la bête chez notre ami Basile avant qu’il ne la tue, nous pouvons vous dire que c’est du cochon nourri aux épluchures, aux déchets et aux orties!

 

Dsv :                           aux déchets ! mais c’est interdit !

 

Georges :                     et pourquoi ?  

 

Dsv :                           vous risquez de propager la peste porcine ! je dois dresser procès verbal !

 

Basile :                        ça c’est la meilleure !  ça fait des années qu’on nous cause de développement durable, de recyclage et pis là que c’est le meilleur recyclage depuis des siècles, on l’interdit !

 

Dsv :                           au nom du Prince Hipp de Précaution !  

 

Basile :                        avec votre Prince là vous pouvez ben m’foutre un procès… j’seu plus à un près ! en tout cas, nous, on va se l’manger mon cochon que ça vous plaise ou pas ! (il commence à distribuer les cochonnailles) tenez vous m’en direz des nouvelles… c’est pas du cochon berton ça… c’est du bio !

 

Georges :                     (s’adressant à Décervelage)…c’est tout ce qu’il y a comme pain ?

 

Décervelage :               j’ai pris ce qui restait à la boulangerie… le boulanger est en pleine dépression… allongé dans son pétrin!

 

Edgar  :                       ne me dites pas que la femme du boulanger…

 

Décervelage :               … est partie… mais si… avec le GO de la Marie Joseph !

 

Hyacinthe  :                 encore heureux qu’il ait fait beau

Et qu’la Marie Joseph ait un beau GO !  

 

Georges :                     vous avez retrouvé le moral, vous … y a pourtant pas de quoi être gai !

 

Hyacinthe  :                 (suffoquant) oh ! (s’adressant à l’uboïde) je veux porter plainte pour homophobie !

 

L’abbé  :                     voyons ; notre ami ne voulait pas vous offenser…vous vous trompez de sens !

 

Hyacinthe  :                 de mieux en mieux ! comment ça je me trompe de sens ! qu’est ce que vous y connaissez vous l’abbé ?

 

Edgar  :                       Georges parlait de gaieté

 

Georges :                     exactement et de rien d’autre!

 

Décervelage :               (passant le panier de provisions) votre voisine a eu la bonne idée de nous mettre des œufs ; comme elle m’a dit : c’est des œufs d’mes poules qui courent dans la cour de d’chez nous !  

 

Basile :                        pour sûr ; les œufs d’la Léa c’est pas des œufs sortis des pondeuses qu’ont l’cul d’poule en horodateur !  

 

Dsv :                           ces œufs sont interdits à la vente !  

 

Basile :                        mais la Léa elle les vend pas… elle nous les donne… à nous… pas aux cellophanoïdes de ton espèce !

                                  (retour d’Alicia, Mme Bordure et Kahn)

 

Alicia :                         hello !  

 

Chœur de autres:          hello !  

 

Alicia :                         (présentant ses compagnons) le général Kahn, le père de ma correspondante allemande… il était à Bagnoles pour le congrès du lions club (les lions vont le saluer)  … et madame Bordurenzeski 

 

L’abbé :                      Mme Bordurenzeski ! … oh là là !

 

Alicia :                         nous cherchions le chien de Madame qui a été aperçu dans le coin….elle ne l’a plus revu depuis le déliouge ! vous ne l’auriez pas rencontré des fois ?

                                  (retour de Giraudy)

 

Giraudy :                     (s’adressant à Sveik) obligation d’afficher : divagation des chiens interdite ! (les uboïdes Dsv et Giraudy vont se souder)

 

Kahn :                         non seulement nous afons perdu das hund de madame, mais maintenant nous afons aussi perdu notre pétalo !  

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement que le pédalo a été emprunté par Mlle Eve pour aller chercher des arbustes à Chevrigné en compagnie de l’amiral Bordurenzeski !

 

Mme Bordure et Kahn: (ensemble) l’amiral ! lui ici !

 

Kahn  :                        wir absolut zuruck Bagnoles…

 

Mme Bordure :            mais comment rentrer à Bagnoles sans le pédalo ? nous ne pouvons pas attendre que mon mari revienne avec !

 

Kahn :                         fous ne safez pas où nous poufons avoir ein canotte ?  

 

Edgar  :                       désolé ! nous n’avons que le canot dont le gouverneur fait usage en ce moment pour inspecter les îlots environnants !  

 

Georges :                     là où il trouve des survivants, il apporte les premiers soins.  

 

Basile :                        eh ben vous n’avez qu’à faire un radeau avec tous les pneus qui sont sur les silos d’maïs…. C’est pas ça qui manque !

 

Edgar  :                       il est vrai que ça défigure singulièrement le paysage !  

 

Basile :                        y en a tellement d’pneus dans la campagne qu’on s’demande si Besnier il a pas été racheté par Michelin ! à l’allure où qu’ça allait, si qu’y avait pas eu le déluge, dans pas longtemps vous auriez trouvé chez les crémiers du camembert Michelin, du Livarot de chez Dunlop, du Pt l’Eveque Kleber Colombes, de la Vache Pirelli… avec deux p’tits pneus à la place des boucles d’oreilles !

 

Kahn :                         (fausse sortie) ach so ! nous allons schnell !  

 

Basile :                        vous n’allez pas partir le ventre creux… vous allez me goûter la charcuterie à Basile…

 

Georges :                     vous nous en direz des nouvelles !  

 

Basile :                        (joignant le geste à la parole) j’vous tartine une beurrées d’rilles !

                                  (irruption des uboïdes Thémis et Pandore)

 

Pandore :                     (il tend une pancarte) qui a procédé à cet affichage ?

 

Edgar  :                       c’est moi-même !

 

Pandore :                     qui êtes vous ?  

 

Edgar  :                       le président du Lions club de Bagnoles de l’Orne ! je suis réfugié ici avec des amis depuis le 11 novembre !

 

Georges :                     bloqués ici, nous avons pu joindre notre siège international à Oak Brook qui a surnagé et avec son accord nous avons organisé cette cérémonie à la mémoire des disparus…

 

Edgar  :                       … avec collecte pour venir en aide aux survivants sinistrés 

 

Pandore :                     cet affichage est interdit !  

 

Sveik :                         je vous déclare respectueusement que je suis sinistré de naissance  et je ne comprend plus très bien ! je suis harcelé par votre collègue avec ses obligations d’afficher… je suis même obligé de construire un mur pour augmenter la surface d’affichage…à cette allure là mon mur va dépasser la muraille de Chine… et vous vous faites une crise quand on affiche ! 

 

Georges :                     c’est ce qu’on appelle la cohérence de l’administration !  

 

Thémis :                      (à Edgar) vous allez me suivre au sous tribunal de sous instance pour que je puisse juger cette affaire !  

                                  (irruption de Diogène portant des douelles de tonneau)

 

Diogène:                      (s’adressant à Pandore) il faut venir tout de suite avec moi faire un constat.  

 

Pandore :                     que se passe-t-il ?  

 

Diogène :                     je flottais tranquillement quand un pédalo , arrivé en excès de vitesse sur ma gauche, m’a percuté en faisant exploser mon tonneau… toute ma prise de calva à l’eau ! (sortie des uboïdes)

                                  (arrivée de Bordure sonné)

 

Bordure:                      vite du secours… Eve a perdu connaissance ! (Mr et Mme Bordure s’avisent mutuellement et se cachent derrière les affiches déposées par Pandore en vis-à-vis)

Mr/Mme Bordure :       ciel ma femme/mon mari !

                                   (tous sortent exceptés Kahn, Sveik , Mr et Mme Bordure )

 

Mme Bordure :            (à Kahn)  il ne m’ a pas vue ! allez vite construire un radeau, je vous rejoindrai.(sortie de Kahn)

 

Sveik :                       puisqu’ils ne veulent pas d’affichage sur pancarte, je vais les afficher sur mon mur ! (il enlève les pancartes ; Bordure et Mme se retrouvent nez à nez ; l’un et l’autre font semblant de chercher)  

 

Bordure :                   Madame Bordurenzeski ! que faites vous ici ?

 

Mme Bordure:            je cherche mon ami ! je cherche ! et vous ?  

 

Bordure :                   je cherche aussi ! mais vous que cherchez vous ?

 

Mme Bordure:            mais le chien pardi !  

 

Bordure :                   vous avez un chien maintenant ! vous qui êtes allergique au poil de ces petites bêtes !  

 

Mme Bordure:            qui vous a  dit que c’était mon chien que je cherchais ?  

 

Bordure :                   mais Joseph Sveik en personne… ici collant !

 

Mme Bordure :           il a mal compris ; c’est le chien du Général Kahn ; il l’a élevé pour le compte de l’association Handichiens… il devait le remettre à son nouveau propriétaire lors du congrès du lions club à Bagnoles !  

 

Sveik :                       mais vous m’aviez dit que c’était un rocking chair !  

 

Mme Bordure:            et alors ?  

 

Sveik :                       c’est un petit chien !

 

Bordure :                   c’est pour cela que vous le cherchez comme un trèfle à quatre feuilles !  

 

Sveik :                       sauf votre respect, les chiens d’assistance, c’est plutôt des labradors !

 

Mme Bordure :           qu’en savez vous ?  

 

Sveik :                       à Prague j’étais tampon de l’aumônier Katz ! après son attaque de paralysie il a eu  un labrador comme ça pour l’aider… il lui amenait le combiné du téléphone, il lui ouvrait le frigo, il allait chercher son journal, faisait les courses…

 

Bordure :                   il était bien dressé !  

 

Sveik :                       trop !... il ne l’ a gardé que deux mois !

 

Bordure :                   et pourquoi ?

 

Sveik :                       il refusait de lui ramener de la vodka !

 

Mme Bordure :           mais vous-même, mon ami, comment se fait-il que vous soyez ici alors que vous étiez parti pour Brest ? je vous pleurais déjà !

                                 (retour des sauveteurs avec Eve portée sur une échelle ; on s’affaire autour d’elle ; Hyacinthe et l’abbé lui donnent la main. Tous les uboïdes sont désormais liés)

 

Bordure :                   comment va-t-elle ?  

 

Décervelage :              elle a été très choquée !  

 

Edgar  :                      elle a perdu beaucoup de sang mais sa vie n’est pas en danger.

 

Conscience:                ce brancard n’est pas aux normes… je dois dresser procès verbal !  

 

Eve :                          ne me quitte pas mamour !  

 

Mme Bordure :           mais c’est à vous monsieur mon mari que ce mamour s’adresse !  

 

Bordure :                   elle délire… elle ne reconnaît plus les gens ! mamour mamour c’est ce jeune homme qui lui tient la main ! ils étaient tous deux prisonniers d’une secte !  

 

Eve :                          attention…le tonneau… le tonneau mamour !

 

L’abbé :                     (la calmant) c’est fini… tout va bien maintenant ma fille!

 

Eve :                          oui, papa !  

 

Mme Bordure:            l’abbé son père ?

 

Bordure :                   quand je vous disais qu’elle délirait ! en fait l’abbé n’est pas son père mais son parrain… et comme elle a perdu son père très jeune, l’abbé a fait office de père en quelque sorte !

 

Mme Bordure :           et cette secte alors ?  

 

Bordure :                   quelle secte ?  

 

Mme Bordure :           mais c’est vous qui m’avez dit à l’instant qu’elle était dans une secte !   

 

Bordure :                   (mémoire retrouvée) ah oui ! la secte ! eh bien figurez vous qu’à Brest, à la réunion des anciens du Clémenceau, je retrouve l’abbé avec qui j’avais sympathisé lorsque nous étions en active sur ce navire !

 

Mme Bordure :           un mécréant comme vous, ami d’un abbé !

 

Sveik :                       je vous déclare respectueusement que l’aumonier Katz était peut être plus mécréant que l’amiral !

 

Bordure :                   à peine étais je arrivé à Brest que l’abbé me demande de l’aider à sortir sa filleule des griffes de la secte !  

 

Mme Bordure :           et où la secte retenait elle ces jeunes gens ?  

 

Bordure :                   dans la région de Nantes, à Carquefou !   

 

Mme Bordure :           et comment avez-vous opéré pour les délivrer ?

 

Bordure :                   nous avons loué un bateau, la Marie Joseph, qui nous a permis de débarquer dans la propriété de la secte en pleine nuit… une véritable opération commando… et nous les avons enlevés au nez et à la barbe des gardiens !  

 

Sveik :                       je vous déclare respectueusement que je ne me souviens pas de ce débarquement !

 

Bordure :                   (lui écrasant le pied) évidemment quand on s’appelle Sveik on est frappé d’Alzheimer ! (Sveik va voir les secouristes pour soigner son pied)   

 

Edgar  :                      (à Sveik) si vous pensez être frappé par cette terrible maladie, nous pouvons vous recevoir au centre d’accueil que notre club a mis en place à La Ferté !

 

Sveik :                       je vous déclare respectueusement que pour l’instant ce n’est pas la tête dont je souffre…c’est le pied qui me fait mal !

 

Bordure :                   (enchaînant rapidement)…de retour sur notre bateau avec ces jeunes gens délivrés nous fonçons vers Nantes… mais arrivés au confluent de l’Erdre et de la Loire, le raz de marée nous est arrivé dessus….

 

L’abbé :                     alors de l’Eternel nous vîmes la fureur

                                 Car les flots déchainés, ô comble de l’horreur…

 

Bordure :                   (le coupant net) épargne nous tes stances l’abbé !  

                                 (arrivée de Constant qui vient chercher l’abbé)

 

Constant :                  on demande l’abbé pour choisir la lecture de la cérémonie 

                                 (l’abbé retire sa main de celle d’Eve et se fait remplacer par Basile ; exint Constant et l’Abbé)

 

Eve :                          ne me quitte pas Papa ! (réplique entendue par Sveik qui soigne son pied à côté de l’échelle-brancard d’Eve)

 

Mme Bordure :           (s’adressant à Hyacinthe) quelle terrible épreuve vous venez de vivre !

 

Hyacinthe :                 (en larmes)  et en plein voyage de Pacs !  

 

Mme Bordure:            vous préférez le pacs au mariage ?

 

Hyacinthe :                 vous savez bien que le mariage nous est interdit à nous autres homos !  

 

Mme Bordure :           (se tournant vers son mari) comment ça homos ?  

 

Bordure :                   oui, en fait …Eve est transsexuelle.. . alors vous comprenez… il ne faut pas l’ébruiter !  

 

Mme Bordure :           dites donc ! il est plutôt libéral votre ami l’abbé !  

 

Edgar  :                      (au chevet d’Eve) je pense que désormais nous allons pouvoir l’acheminer jusqu’au poste de secours !  

 

Bordure:                    (à Eve) ne t’inquiètes pas….

 

Basile :                       … tout ira bien maintenant !

 

Eve :                          oui, papa !  

 

Sveik :                       (a parte)  papa! Ils sont tous en famille ici !       

(tout le monde sort excepté Sveik ; il colle ses affiches… l’une d’elles s’enlève et laisse apparaître une affiche de salon d’antiquaires)

 

Sveik :                       tiens ! ils organisaient un salon des antiquaires… maintenant ils vont pouvoir se lancer dans un salon des épaves sous marines !  

                                 (arrivée de la Pinsonnette)

 

Pinsonnette:               Basile n’est pas là ?  

 

Sveik :                       je vous déclare respectueusement qu’il est en train d’accompagner sa fille vers le poste de secours !

 

Pinsonnette :              comment ça sa fille ? il a une fille, maintenant ? elle est tombée du ciel ?

 

Sveik :                       non elle est sortie des eaux !

                                 (arrivée du général Kahn)

 

Kahn :                       haben sie vu frau Bordurenzeski?

 

Sveik :                       je vous déclare respectueusement qu’elle accompagne aussi la fille de Basile vers le poste de secours !  

 

Kahn :                       ach so !(à la Pinsonnette) auriez fous obligeance fenir m’aider mettre à l’eau la canotte ich machen mit pneus ?

 

Pinsonnette :              s’il n’y en a pas pour longtemps.

 

Kahn :                       nühr  einige minuten ! (la pinsonnette s’avance vers la coulisse) viel danke! (exint)

 

Sveik :                       j’ai l’impression que cette dame n’est pas la mère de la fille de son ami !

                                 (retour des protagonistes accompagnés de la violoncelliste)

 

Edgar  :                      maintenant que cette jeune femme est en de bonnes mains…

 

Mme Bordure :           (à son mari) jeune femme… si on peut dire ! au fait quel était le prénom de cette créature avant qu’elle ne s’appelle Eve ?  

 

Bordure :                   Adam ! 

 

Mme Bordure :           comme par hasard !  

 

Bordure :                   non comme dans la Bible !

 

L’abbé :                     nous allons procéder si vous le voulez bien à la mise en terre des cendres des victimes de la folie des hommes !  

                                 (certains protagonistes  se saisissent des sacs en jute, d’autres des arbustes et pendant la lecture vont les mettre dans des pots masqués par une rampe)

 

Basile :                       dire que les cendres des associés du Gaec elles vont faire pousser des arbres ; si y voyent ça d’en haut les arboricides, ils d’vent en faire une tronche… c’est comme si on obligeait un renard à couver des œufs d’poule !

 

Georges :                   chut ! (il fait signe à l’abbé qu’il peut commencer après s’être assuré que le caméraman et la violoncelliste étaient prêts)  

 

L’abbé :                     « Dieu est pour nous un abri sûr,

 Un secours toujours prêt dans la détresse.

C’est pourquoi nous n’avons rien à craindre,

Même si la terre se met à trembler,

Si les montagnes s’écroulent au fond des mers,

Si les flots grondent, bouillonnent,

Se soulèvent et secouent les montagnes. »

Psaumes 46-47

                                 Enchaînement violoncelle. A la fin du morceau, collecte. Irruption de l’uboïde Des Phynances

 

Des Phynances :         collecte sur le domaine publique sans autorisation ! je dois dresser procès verbal !

 

                                 (arrivée d’Alicia)

 

Alicia :                       quickly ! help ! le radeau du général Kahn il est renversé avec le taupe..

 

Basile :                       le taupe ! qu’est ce qu’elle fait sur un radeau la Pinsonnette ?

                                 (une partie des présents se précipite en coulisses)

 

Bordure :                   (observant la scène avec des jumelles) mais oui le radeau est complètement retourné… avec un homme dessus qui essaie de repêcher une femme… ça y est il réussit à la hisser sur la coque… ils dérivent  mais ils sont saufs !

 

Basile :                       quand j’pense qu’y a des millions de morts neyés et faut qu’la Pinsonnette elle soit insubmersible !  

 

L’abbé:                      tout est bien qui finit bien !

 

Basile :                       c’est vous qui le dites ! tiens j’vas laisser la tuerie d’cochons !

 

Bordure :                   pour faire quoi ?  

 

Basile :                       taupier dans la marine !  

 

                                                                            NOIR

 

                                                         

 

 

 SCENE 5

 

 

 

(La scène est au nouveau port ; un préposé fait des signes cf sémaphore)  

 

(Bordure, Georges, Edgar  et Basile consomment au « bar de la marine »en jouant aux cartes ; clin d’œil  à Pagnol : Bordure « eh bien non, il ne me fend pas le cœur ! » ; Mme Bordure consomme de son côté avec Alicia ; Sveik arrive avec un grand chien et va vers elle pour lui remettre …)

 

Sveik :                         madame, comme votre chagrin est grand, j’ai pensé qu’il vous fallait un grand chien !.. (Mme Bordure est prise d’une violente quinte de toux et s’enfuit en coulisses ; mine désolée de Sveik  ) moi qui pensais lui faire plaisir !

 

Bordure :                     (se levant et allant vers Sveik) elle était habituée à un petit chien… elle a du être impressionnée par la taille de celui-ci… suivez la … ne la lâchez pas d’une semelle… elle finira par s’habituer !

                                  (Sveik s’élance à la poursuite de Mme Bordure avec le chien dans les bras)

 

Bordure :                     (a parte) plus il la poursuit…. Moins elle s’approchera d’Eve ! (il revient à la partie de cartes)

  

(arrivée du  corps de l’Etat  reconstitué en hydre de l’îlot )

 

Hydre/Diogène :           (il s’adresse au barman) vous n’avez pas obtenu l’autorisation de transfert de la licence IV… nous dressons procès verbal !

 

Georges :                     il ne lui aura pas fallu 8 jours au corps de l’Etat pour se reconstituer !  

 

Edgar  :                       l’Etat c’est une hydre plus vivace que le Phénix !

 

Bordure :                     et il se complait dans l’énaurme !

                                  (arrivée de Hyacinthe avec Eve et sa nouvelle tenue)

 

Hyacinthe :                  (à Bordure) que pensez vous d’Eve et de sa nouvelle tenue ? 

 

Bordure :                     merveilleux… votre créativité n’a en rien été altérée par les flots !

 

Georges                       il faut dire que la beauté du modèle contraint l’artiste à se transcender !

 

Eve                             (minaudant) flatteur !

 

Basile :                        pour une tenue d’Eve ça fait beaucoup d’tissu quand même !

 

Edgar  :                       vous auriez préféré la tenue du Paradis !

 

Basile :                         (apercevant la Pinsonnette de retour en coulisses) eh ben ma j’vous dit qu’c’est plutôt l’enfer qui r ‘vient ! (la Pinsonnette arrive sur scène accompagnée du général Kahn et deux Lions de la Ferté, accompagnés de 4 assistants portant des caisses)  d’où qu’tu ressorts ?

 

Gauvain:                       nous avons recueilli ces deux naufragés au confluent de la Gourbe et de la Mayenne…

 

Edgar  :                        nous ne vous attendions plus !

 

Georges :                      (s’occupant du général Kahn et de la Pinsonnette) nous allons vous conduire au poste de secours et vous pourrez vous sécher !(exint Georges, Pinsonnette, Kahn et Basile).

 

Edgar  :                        nous sommes heureux de vous voir arrivés ici… nous avons besoin de renfort…

 

Galaad :                        nous n’allons pas pouvoir rester… on vous laisse du matériel de soins et on doit regagner la rive droite pour l’organisation du téléthon !

 

Edgar  :                        le téléthon est maintenu ?

 

Gauvain:                       non seulement il est maintenu mais comme Caen, Rouen, Falaise sont rayées de la carte… c’est à La Ferté qu’est transféré le centre de promesses!

 

Edgar  :                        Caen et Rouen on s’en doutait, mais Falaise !  alors tous les oignons que nos amis Lions de là bas venaient de mettre en terre pour l’opération tulipes contre le cancer…

 

Galaad :                        …. sauvés…. le château d’Aubigny est à 155m ; à rien près c’était du riz qu’il aurait fallu cultiver !(traversée de la scène par Mme Bordurenzeski poursuivie par Sveik avec son chien) (arrivée du gouverneur)

 

Gouverneur :                bonjour mes amis ; heureux de vous voir vivants ! (tout le monde se congratule)

 

Edgar  :                        notre gouverneur est devenu chef d’îlot!

 

Gouverneur :                et c’est à ce titre que je vous invite à rejoindre votre île d’Andaines au plus vite… une mobilisation vient d’être décidée !  

 

Galaad:                         une mobilisation… comme si on n’était pas déjà mobilisés !  

 

Gouverneur :                oui mais là c’est de guerre dont il s’agit !  

 

Bordure :                      de guerre ?

 

Gouverneur :                je viens de recevoir un  message : l’Iran profite de la désorganisation du monde occidental pour envahir l’Europe… ils sont déjà au sud des Pyrénnées… chaque îlot doit fournir un homme en armes par tranche de mille habitants !

 

Edgar  :                        faut commencer par recenser les survivants de chaque îlot.

                                    

Gouverneur :                c’est ce que font déjà Lisiane et l’abbé pour l’îlot qui nous concerne !

                                   (arrivée de Basile)

 

Basile :                         si j’tenais l’abruti qu’a été raconter à la Pinsonnette que j’avais une fille !

 

Edgar  :                        (aux nouveaux arrivants) permettez moi de vous présenter Basile… l’homme qui nous a recueilli dans l’urgence de la catastrophe ; et c’est à lui que l’on doit la merveilleuse charcuterie dont on se régale depuis que nous sommes ici. (à Basile) des amis Lions de Bagnoles La Ferté qui malheureusement doivent repartir céans.

 

Basile :                         vous n’allez pas repartir sans goûter la charcuterie à Basile !

 

Gauvain:                      il faut en profiter car si l’Iran réussit son invasion…adieu l’cochon ! (ils mangent)  

 

L’abbé:                        (arrivant avec Lisiane et les feuilles de recensement) il a des sabots mais il ne rumine pas ! Deutéronome 14-8.  

                                  

Basile :                         (apercevant la Pinsonnette qui arrive en coulisses avec des vêtements secs mais inadaptés au personnage. Elle a des sabots) ma j’en connais des vieilles coches qu’ont des sabots et pis qui ruminent tout l’temps !  

 

Pinsonnette:                  alors comme ça , Monsieur a une fille cachée !  

 

Basile :                        j’te dis qu’c’est des bobards! J’ai jamais eu d’fille !

 

Pinsonnette :                 et pourquoi que l’chèque il l’a entendue t’appeler papa ?

 

Basile :                         c’est pas moi qu’elle a appelé Papa ; il a côre compris d’travers comme avec le chien!

 

Eve :                            (venant au secours de Basile) j’ai dit papa parce que j’étais sous le choc !

 

Pinsonnette:                  et allez donc ! on défend déjà son père !

 

Eve :                            écoutez, si vous voulez en avoir le cœur net, nous allons nous rendre au poste de secours où ils pourront faire un test adn ; désormais on a le résultat sur le champ !

 

Basile :                         (s’adressant aux lions de La Ferté en sortant) surtout vous ne laissez pas les uboïdes manger de ma charcuterie…

 

Edgar  :                        ni boire de votre cidre, comptez sur nous !

                                   (exint Basile, Eve, Pinsonnette, Bordure et le gouverneur)

 

L’abbé :                       (comptant ses fiches de recensement à une table du bar) 969 personnes sur l’îlot…ça ne fera qu’un conscrit à envoyer. (avisant le général Kahn) ah je ne vous ai pas recensé !

 

Kahn :                          aber keine hier 11 novembre ; ich bin ein Bagnoler!.

 

L’abbé :                       alors il vous faut retourner à Bagnoles au plus vite !

 

Kahn :                          ya ! aber keine canotte !  

 

Gauvain:                       nous regagnons la Ferté… nous pouvons vous prendre sur notre radeau ! 

 

Kahn :                          viel danke; aber Frau Bordurenzeski? (arrivée de Mme Bordure)  

                                                              

Mme Bordure:              j’ai enfin réussi à semer cet imbécile qui s’évertuait à me donner un chien !

 

Kahn :                          wir zurück Bagnoles mit herren !  

 

Mme Bordure :             (à l’abbé) vous direz à l’amiral que je suis repartie pour Bagnoles !  

 

L’abbé :                       comptez sur moi ; je ne faillirai pas à ma mission !  

 

Mme Bordure :             vous parlez d’un missionnaire ! le parrain d’un transsexuel… elle est belle la nouvelle église… si un jour ils ont besoin  d’un aumônier pour la gay pride ils sauront à qui s’adresser ! vous êtes pire que les Borgias ! (exint Mme Bordure, Kahn et les Lions de La Ferté)  

 

L’abbé :                       qu’est ce qu’elle me veut avec sa gay-pride ?  

 

Hyacinthe  :                  (arrivant de la coulisse) vite les forces de l’ordre… par ici… on a besoin de vous… Sveik a été pris à partie par des rustres qui lui reprochent d’avoir volé un chien… ils sont en train de le passer à tabac !

                                   (exit hyacinthe avec l’hydre qui émet un bruit de sirène ! ils bousculent Basile qui revient du test adn)

 

Basile :                         (s’adressant à l’abbé) j’espère que vous les avez recensés aussi ceux là pour qu’y participent au tirage au sort de la conscription !  

 

Lisiane :                       ils sont exemptés de par leur fonction !

 

Basile :                         ça c’est la meilleure !  

 

Edgar  :                        ils sont là pour nous protéger de nous-mêmes pas de nos ennemis !  

 

                                   (arrivée de Bordure et Eve)

 

Bordure :                      alors ça ! incroyable… le test est sans appel : vous êtes le père d’Eve !  

 

Basile :                         Bon Dieu ! de qu’c’est qu’vous m’chantez là ? j’seu quand même pas l’St Esprit ! quand ben même, aurait côre fallu que j’rencontre sa mère… comment qu’elle s’appelait ?  

 

Eve :                            Andretty  

 

Basile :                         jamais connu d’Andretty !  

 

Eve :                            ça c’était son nom d’artiste… elle était comédienne !  

 

Lisiane :                       de cinéma ? je crois avoir vu un film avec elle !  

 

Eve :                            en fait, mes grands parents étaient pieds noirs… au retour d’Algérie on les installés dans la région de Flers !  

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